Les débuts du cinéma (1895-1929)

1- Les débuts du cinéma et l’évolution des techniques cinématographiques (1832-1895)

1832 – 1892 : Les débuts du cinéma et les procédés de projection

Le cinéma est né de la rencontre d’innovations dans le domaine du support photographique et dans celui de la synthèse du mouvement utilisant la persistance rétinienne.

Au cours du 19e siècle nombre de scientifiques mettent au point des appareils tels que le thaumatrope, le phénakistiscope, le praxinoscope ou le zootrope pour reconstituer l’illusion du mouvement à l’aide de dessins ou de gravures et par la suite de photographies.

A partir de ces premiers balbutiements, les inventeurs Marey, Muybridge et Edison développent des appareils de saisie du mouvement, puis des outils régularisant la vitesse de défilement des images.

De l’image fixe à l’image animée Anim-image.org

Ce site présente les débuts de l’image animée à travers quatre types de jouets optiques : le thaumatrope,  le phénakistiscope,  le zootrope, le praxinoscope. Il propose également une chronologie de l’image fixe à l’image animée.

Les lanternes magiques– Cinémathèque française

L’Histoire des lanternes magiques et de leur influence dans le développement des projections du cinématographe. Accès aux images des collections de la cinémathèque par recherche depuis le site.

La décomposition du mouvement L’Histoire par l’image – Réunion des musées nationaux
Article synthétique sur l’étude du mouvement illustrée à partir de trois planches de chronophotographies : Cavalier arabe (1887) d’Étienne-Jules Marey, Saut à la perche et Saut d’obstacle (“Animal locomotion”)…

Généalogie du cinéma– Cliclic

Frise chronologique  réalisée par Ciclic, agence régionale du Centre pour le livre, l’image et la culture numérique

1892 : Première séance de cinéma

Cette première séance du Théâtre optique inventé par Émile Reynaud, présenta  les premiers dessins animés du cinéma, peints directement sur une bande de 70 mm de large, constituée de carrés de gélatine protégée par de la gomme-laque, renforcés par de fins ressorts métalliques. Les pantomimes lumineuses, dont la durée varie de 1 min 30 s à 5 minutes, sont projetées par rétroprojection sur un grand écran.

  Zoom sur…le théâtre optique d’Emile Reynaud-Cinémathèque française

Exposition  virtuelle et interactive du théâtre optique d’Emile Reynaud conçue par la cinémathèque française: photos, archives brevets, films, affiches, appareils animés, disques stroboscopiques.

1893 : le premier studio de cinéma américain

En 1891, Edison crée le kinétographe, première caméra de prise de vue. Les films tournés n’étaient pas projetés mais regardés à travers une visionneuse baptisé Kinétoscope.

Puis, il fait construire le premier studio de l’histoire du cinéma, le Kinetographic Theater (surnommé la Black Maria). Ce studio de prises de vues a été construit en 1893 afin d’alimenter les Kinestoscope Parlors en films. Les Kinetoscope Parlors sont des salles sans écran ni projectionniste, où l’on présente au public différents films de moins d’une minute à l’aide de plusieurs kinétoscopes, des appareils de visionnage individuel, comportant une loupe et un œilleton, qui permettent aux spectateurs, moyennant un droit d’entrée d’un quart de dollar, de regarder des films en boucle, éclairés par transparence avec une forte ampoule et entraînés par un moteur électrique à la cadence de 18 images par seconde.

1895 : l’invention du cinématographe

Après les lanternes magiques, la chronophotographie et le Kinétoscope d’Edison, les frères Auguste et Louis Lumière mettent au point le cinématographe, appareil capable d’enregistrer, de tirer et de projeter des images animées. Cet appareil utilise un magasin avec de la pellicule 35 mm (une bande celluloïd recouverte d’un support en nitrate de cellulose) de 17 m de longueur, soit un peu moins d’une minute de film.

Pour expérimenter son invention, puis mettre en valeur ses possibilités à des fins commerciales, Louis Lumière tourne au cours de l’été 1895 de brefs reportages plus ou moins en direct, et différentes scènes familières, des vues de ses proches, de sa famille, comme ici avec son frère Auguste et sa femme, qui préfigurent en quelque sorte les films amateurs.

Les frères Auguste et Louis Lumière déposent le brevet du Cinématographe en mars et organisent la première représentation publique et payante dans le salon indien du Grand Café à Paris. Au programme, La sortie des usines Lumière, Le déjeuner de bébé et L’arrivée d’un train à La Ciotat. Ces dernières suscitent l’engouement du public. Bientôt, 20 séances sont organisées quotidiennement et les bénéfices sont énormes.

Le cinématographe Lumière – Institut Lumière

Vidéo décrivant le processus du cinématographe inventé par les frères Lumière

La première séance publique payante – Institut Lumière

Les dix films composant la première séance publique payante du cinématographe projetés le 28 décembre 1895, au Salon Indien du Grand Café à Paris, du Cinématographe Lumière.

Pionner du cinéma-L’histoire par l’image

Analyse d’une planche photographique avec des photogrammes du film de Louis Lumière Le déjeuner de bébé par Laurent Vermay

Le cinématographe des frères Lumière – L’histoire par l’image

Analyse des affiches publicitaires des projections publiques par Charlotte Denoël

Louis Lumière et le cinématographe CNDP

L’histoire de l’invention du cinéma reconstituée sous forme de fiction. Les frères Lumière s’interrogent et Louis trouve le procédé d’avancement des images. Extrait de Louis Lumière et le cinématographe, série « Inventeurs, inventions».

Cinématographes– Cinématographes

Le site Cinématographes propose d’établir un panorama des appareils qui ont jalonnés l’histoire du cinéma muet en France à travers les documents d’époque : catalogues, notices, brevets, revues corporatives, etc… Quelques notes sur les machines et leurs auteurs tenteront de compléter ces informations.

2.   Les débuts d’un nouvel art (1896-1907)

Dès son invention par les frères lumière, le cinématographe s’annonce comme un véritable phénomène de société. En moins d’une année, l’appareil des frères Lumière est présent dans les principales villes françaises. La production de films documentaires par des opérateurs engagés par les frères Lumière se développe. Au printemps 1896, Charles et Emile Pathé créent la société Pathé Frères consacrée surtout à la vente de produits phonographiques mais qui propose également des films et des appareils de prises de vue. Léon Gaumont  crée les usines Gaumont produisant les premiers projecteurs vendus sous cette marque.

Le cinéma s’oriente vers une exploitation itinérante et foraine. Les films qui étaient consacrés à des évènements ou des scènes de vie se scénarisent.

1896 : le premier trucage

C’est quelques mois seulement après son invention par les frères Lumière que Georges Méliès donne au cinématographe une dimension nouvelle : celle du spectacle de l’imaginaire. Pour cela, il inventa les effets spéciaux ou trucages. Méliès, avant d’être un cinéaste, est un prestidigitateur célèbre. Quand il passe derrière la caméra, il a recours à de nombreux “trucs” empruntés directement au monde du théâtre et de l’illusionnisme. Très vite cependant, Méliès découvre les trucs purement cinématographiques, fondés sur la manipulation de la caméra et de la pellicule. C’est un simple hasard qui, au début de l’année 1898, lui en donne l’idée. “Un blocage de l’appareil dont je me servais produisit un effet inattendu, un jour que je photographiais prosaïquement la place de l’Opéra”, se remémorait le cinéaste trente ans plus tard dans les pages de “La Revue du cinéma”. “Une minute fut nécessaire pour débloquer la pellicule et remettre l’appareil en marche. Pendant cette minute, les passants, omnibus, voitures, avaient changé de place, bien entendu. En projetant la bande ressoudée (…), je vis soudainement un omnibus Madeleine-Bastille changé en corbillard, et des hommes changés en femmes.”

Méliès se rend compte du potentiel de cet évènement. Le cinéma va enfin pouvoir montrer autre chose que la réalité et donc commencer à inventer. Son premier film à truc Escamotage d’une dame chez Robert-Houdin est produit cette année-là et au fil des ans, il inventera des trucages de cinéma

1897 : Le premier studio de cinéma à Montreuil

Afin de réaliser ses trucages, Méliès fait construire le 1er studio en utilisant des décors peints, une caméra en plein air et des pellicules coloriées à la main.

1900 : Les premiers essais sonores

Léon Gaumont présente à l’exposition universelle ses premiers essais de cinéma sonore en couplant projecteur et phonographe

1902 : Georges Méliès réalise Le Voyage dans la Lune

Méliès invente le ralenti, l’accéléré, le fondu, la surimpression, et fait vivre ses décors devant un œil de métal immobile ; les deux frères, quant à eux, utilisent le travelling pour déplacer leurs objectifs au rythme de la réalité.

Georges MélièsSite officiel

Biographie officielle de Georges Méliès par ses petits enfants

Georges Méliès Odyssée du cinéma

Biographie du cinéaste et présentation de quelques techniques utilisées par Méliès.

Le voyage dans la lune – Georges Méliès

Vidéo de l’œuvre sur Daily motion

Le voyage dans la luneZéro de conduite

Dossier pédagogique très complet sur Le voyage dans la lune de Méliès et son exploitation possible dans le cadre de l’enseignement histoire des arts.

Méliès : l’illusion désillusionnée– Images Analyses

Analyse très complète des Cartes vivantes de Georges Méliès (1905)

Zoom sur… l’homme à la tête en caoutchouc- Cinémathèque française

Exposition virtuelle et interactive des dessins préparatoires à l’homme à la tête en caoutchouc (décor, trucages, personnages) et dossier sur les films à trucs de Méliès

Lumière, Méliès et PorterCadrage.net

Analyse de la réception par le spectateur des « signes  présents dans les  films de Lumière et de Méliès.

Deux ans plus tard, alors que Georges Méliès continue à présenter ses voyages féeriques, on inaugure, à Vincennes, les studios Pathé.

Avec Charles Pathé, dès 1905, le cinéma perd sa dimension artisanale pour entrer dans l’ère industrielle et capitaliste. Le cinéma existe d’abord comme industrie, avant d’être reconnu comme un art, le but étant de produire et de vendre massivement de la pellicule positive impressionnée. Les studios Gaumont occupent plus de 10000 mètres carrés de terrain avec notamment des ateliers de fabrication de décors, des magasins d’accessoires et un studio destiné au tournage des films.

Ainsi, les films sont vendus au mètre à des forains grâce auxquels le cinéma touche surtout un public populaire. Les films étaient accompagnés dans les salles de projection par des musiciens, des bruiteurs, des comédiens qui jouaient en coulisse.

Quelques années plus tard, le public ne se contentant plus de l’émerveillement produit par les images animées réclame des histoires. Les bandes s’allongent et en 1903 apparaissent les premiers intertitres assurant la liaison entre les plans. Ces nouvelles histoires plus longues coûtent plus chères à leur producteur, la question de leur mode d’exploitation se pose : faut-il continuer à vendre les films ou trouver un nouveau mode qui permettrait une rentabilité sur une plus longue durée ? L’abandon de la vente des films au profit de la location paraît être la bonne solution pour compenser l’immobilisation des capitaux.

Le cinéma commence à préférer les music-halls et autres cafés-concerts à la foire mais l’enjeu économique de son exploitation ne justifie pas encore d’investir dans l’équipement de salles.

1906 : Les premières salles de cinéma

Pathé, en décembre 1906, et Gaumont, en juin 1908, ouvrent chacun une salle sur les grands boulevards parisiens.

Dès 1907, les films sont loués aux exploitants par l’intermédiaire de sociétés concessionnaires et dès les premières années du cinéma se met en place un système toujours en vigueur : production, distribution, exploitation. Cette même année, Pathé produit 351 films et, en 1911, fait construire à Clichy le Gaumont-Palace (3400 places !).

Le cinéma quitte progressivement la foire, se sédentarise et se fixe dans les salles, le plus souvent des cafés ou des théâtres convertis.

Histoire de la société PathéFondation Jérôme Seydoux

Le site de la fondation Pathé avec un accès aux collections et à la filmographie par une base de données.

Musée Gaumont– Gaumont

Ce musée virtuel présente la collection constituée autour de la société Gaumont: appareils photos, costumes, affiches, bandes sonores, etc. Il présente également toute l’histoire de la société Gaumont.

Gaumont-Pathé Archives– Gaumont-Pathé Archives

250 000 documents, 17 000 films documentaires, 14 000 heures d’archives sur des thèmes divers: histoire, société, politique, culture, sport, environnement…

Contemporains des frères Lumière, Charles Pathé, Léon Gaumont et Georges Méliès ont influencé le monde du cinéma et plus précisément celui de la production. Charles Pathé et Gaumont vont contribuer à faire du cinéma une industrie. Méliès, quant à lui, réalisateur, producteur et distributeur de films, donnera au cinéma naissant une dimension esthétique en expérimentant la mise en scène cinématographique.